Je publie trois textes de mon poète préféré, Jean-Louis Depierris.
Pour moi c'est "le" poète. Je l'aimais tant, et il nous a quittés.
On ne trouve plus ses livres, et c'est très grand dommage.
Il fallait que tu sois
Le pays le plus beau
L'élancement du jour
M'arrachent à la mort
Il fallait que tu sois
O plus belle et charnelle
Qu'une eau saoûle de mort
Il fallait que tu sois
Car pavoisé de froid
Calciné de rocaille
Et m'abîmant du flanc
Je criais l'ombre nue
Où s'acharne le vent
Il fallait que tu sois
Car désormais mon sang
Paysage rocheux
A dévasté la mort
Et je nomme vendange
La table du désert
Et je te couche Belle
Sur cette aridité
Et Belle je t'enserre
Dans ma terre d'amour
Jean-Louis Depierris
Extrait de Naufragé du Bestiaire, 1957
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