samedi 23 mai 2009

Conflits et volonté de puissance, éternité de la nature humaine

Je profite ici du message que m'a envoyé Claudine Citron en réaction au texte posté précédemment, "Conflits et puissance". Cela me permet d'approfondir ma pensée, en lui répondant. Merci Claudine, pour cette réaction.
J'augmente aussi la taille de la police et la couleur du texte car on m'a fait remarquer que les textes n'étaient pas bien lisibles.


Nous parlions de conflits : il est exact qu'il existe d'autres rapports entre les êtres, Dieu merci, mais il semble que celui-là soit quelque peu "dominant", justement...
Je ne doute pas du fait que le citoyen soit capable de s'exprimer, quand il le veut et quand il le peut, quand on lui en laisse la possibilité, mais je crois qu'il serait naïf de penser que ce que nous donnent à voir tous ces citoyens qui s'expriment, justement, sont les besoins fondamentaux dont vous parlez (manger, boire, dormir, aimer...).

Parler de "déviance", comme vous le faites, en matière de désir d'appartenance, de désir de possession, de propriété, d'expression de son identité contre celle des autres, c'est un peu comme dire que l'expression de l'inconscient est une déviance. Et puis une déviance par rapport à quoi ? ...
Vous dites aussi que chaque être de la planète pourrait avoir accès à ce que vous définissez d'autorité comme les besoins fondamentaux de chacun et de chacune, si "nous" le décidions. Qui est ce Nous ? Vous, votre groupe d'appartenance ? Une sorte de groupe de décideurs idéal et juste ?... Mais idéal et juste pour qui ? Pourquoi serait-il le mieux fondé à décider qu'un autre ?

J'espère que vous n'êtes pas choquée par mes réflexions, mais je me fais en quelque sorte l'avocat du Diable, pour montrer que rien n'est simple, rien ne peut être réduit à des pensées sans arrières-pensées, en particulier dans un conflit de la nature de celui qui oppose Israël et les Palestiniens. Mais on pourrait donner des centaines d'autres exemples. Toutes les revendications et raisons, explications, pommes de discorde d'un conflit, interne ou international, plongent le plus souvent dans des circonstances et dans un passé à la fois immémoriaux et très récents, très douloureux, souvent inventés ou purement "construits" (comme on dit aujourd'hui à l'université...), certes, mais néanmoins auquel chacun de son côté croit dur comme fer, et pour lesquels il ou elle est prêt à se battre à mort, à sacrifier sa vie ou celle de ses enfants, etc. C'est cela, le fondement de l'existence et de l'action, aussi. Je crois qu'il ne faut jamais l'oublier, et nous n'avons qu'à remonter le temps et la littérature, de tous les temps et de tous les lieux, pour nous rafraîchir la mémoire... Hélas.

dimanche 17 mai 2009

Conflits et puissance

En réponse à la question de Castor, sur la mémoire et les leçons des choses jamais utilisées, je reviendrai à ma perspective globale : je crois que le problème est "quelles leçons ? quelles mémoires ? Et dans quel but ?".
Comme je le disais il y a quelques jours, tout est une question de point de vue. Si je veux dominer dans le jeu international, je retiens les leçons que j'estime bonnes en l'occurrence. Malheureusement pour certains, ou heureusement pour d'autres, ce n'est pas le citoyen "tranquille" qui fait le jeu, et ce n'est pas sa mémoire qui influence le jeu politique. Et même si c'était vrai, il y a tellement de mémoires et de leçons tirées qui n'ont rien à voir les unes avec les autres !
J'ai écrit il y a quelques mois un texte sur "du général et du particulier". C'est une question cruciale : nous sommes tous des individus, des êtres humains, aux préoccupations somme toute largement semblables, nous avons une famille, des enfants, des loisirs, nous aimons, nous détestons, nous avons nos passions etc. Mais nous avons aussi des groupes d'appartenance. Aucun être n'existe tout seul. Il fait partie d'un ou de plusieurs groupes sociaux. Et certains groupes, (le plus souvent un seul, la nation ou le groupe ethnique), est son groupe identitaire politique. Ceci signifie qu'au moment crucial, quand celui qu'il considère comme son groupe, va être confronté au conflit avec un autre groupe qui le menace, il va devoir choisir. La plupart d'entre nous, contrairement à ce que nous croyons, n'aura aucune peine à faire ce choix.
Et là, l'homme ou la femme tranquille qui vivait en bonne intelligence avec ses voisins et tout un chacun, qui n'avait jamais fait de mal à une mouche, va peut-être devenir un tueur, pour la défense de l'existence de son groupe, c'est à dire de son identité sociale, sa façon de vivre, sa façon de percevoir la vie ensemble et leur respect.
Je suis une réaliste, je ne crois pas à une réforme possible de la nature humaine dans le sens de la paix universelle et de la régulation mondiale, "à chacun selon ses besoins". Car si on s'en tient là, qui va déterminer les besoins de chacun ? Sur quelle base ? Les besoins des uns interfèrent nécessairement avec ceux des autres : "je veux cette femme et toi aussi, je veux cette terre et toi aussi, et qui va dire que tu as raison contre moi ? Et pourquoi l'accepterais-je, si tu es moins fort que moi et ne peux me l'imposer ? Je dis que suis dans mon droit, tu penses le contraire mais tu n'y peux rien. Tout ce que je dois faire, c'est me donner les moyens de le faire prévaloir contre toi". C'est cela, la puissance.

samedi 16 mai 2009

Importance de la perception globale des conflits

J'ai trouvé un message de Jigé sur mon blog où je n'avais pas reparu c'est vrai depuis plusieurs semaines. J'ai des tas d'ennuis de toutes sortes et j'ai eu tendance à négliger un peu non pas la réflexion, mais la communication de celle-ci. J'ai bien aimé le commentaire, même si apparemment c'est le même pour d'autres, et les sujets abordés sur son blog sont tellement variés que l'on a envie de discuter de tout. En tous cas c'est mon cas !En ce qui concerne le conflit israélo-palestinien j'ai un certain nombre de choses à dire qui pourront paraître discordantes, mais il est vrai que j'étudie les conflits depuis longtemps (c'est ma profession) et j'ai appris à essayer de me dégager des idées qui flottent dans le monde, de me concentrer sur quelques idées réalistes, même si elles peuvent heurter, tout en restant bien sûr modeste. Comme Jigé le dit si bien, personne n'a la science infuse et la politique est la plupart du temps une question de point de vue. Ici je vais me placer d'un point de vue "global", c'est à dire celui du système international. Je crois que ce que je pourrais ajouter à ce débat serait tout d'abord que la question de "qui a commencé" est un faux-débat. Elle permet seulement aux uns et aux autres de se renvoyer la balle et de former des camps pour ou contre. L'important est la situation actuelle, c'est à dire les acteurs en présence, leurs volonté d'exister ou pas, et à quel prix. Je pense que le système international est un monde où chacun doit se débrouiller tout seul, et surtout sans tenir compte de considérations de morale : car celles-ci changent tout le temps ! Celui qui avait tort hier est aujourd'hui un héros pour la majorité, pour diverses raisons. Mais en général on détermine les bons et les méchants en fonction de ce qui nous arrange. Israël est une nation très ancienne qui estime qu'il a droit à un Etat et à la sécurité. Pour l'instant, il est capable de les faire respecter. Les Palestiniens disent aussi qu'ils veulent un Etat, et la paix. Mais que font-ils pour cela ? Se mobilisent-ils vraiment dans ce but ?Un Etat doit s'appuyer sur un sentiment national, distinct de la religion. Un Etat doit être capable d'assurer sa sécurité et le bien-être de ses habitants. Est-ce le cas pour les Palestiniens ? Voilà les vraies questions.Peu nous importe qui a commencé, qui a raison ou qui a tort. La morale n'a pas cours dans les relations internationales : c'est un jeu d'échecs permanent, qui se reconfigure sans cesse, selon les mouvements et les contre-mouvements des uns et des autres. Pour prétendre jouer sur l'échiquier, il faut avoir une conscience claire de son unité, de ses objectifs, de sa stratégie. Il faut se prendre en mains et pouvoir s'imposer comme un interlocuteur sérieux. Il y a eu des conflits, meurtriers, depuis que le monde est monde, et il y en aura toujours. L'homme est essentiellement conflictuel, il est animé par la volonté de puissance, que ce soit au niveau individuel ou collectif. L'important, du point de vue global, c'est d'exister. Et malheureusement, l'histoire nous apprend que beaucoup d'humains et de groupes d'humains ne conçoivent leur existence qu'au détriment de celle des autres, dont l'existence même les menace (ou en tous cas c'est ce qu'ils perçoivent).Voilà ce que j'avais à dire ce soir.

dimanche 10 mai 2009

Etat de choc

Aujourd'hui, comme depuis plusieurs jours, je suis en état de choc. Je ne crois plus à tout ce que j'ai cru depuis des années. Alors que je l'avais été si longtemps, je ne suis plus sûre du chemin. Je ne sais où je vais ni pourquoi.
"Prends la vie à bras le corps", me dit-on. Oui, je veux bien, mais quoi prendre ? Pourquoi ?
"Ressaisis toi et sois heureuse", "bats toi", "beaucoup de gens ont besoin de toi et t'aiment". C'est curieux je n'arrive pas à le croire. Même mes enfants, que j'aime à l'infini, me semblent s'éloigner dans un brouillard de larmes.
La seule chose en laquelle j'ai vraiment jamais cru, c'est qu'il m'aimait. Il me l'a tellement répété, sous toutes les formes, que j'ai fini par y croire. Et ce n'était pas vrai. Je le sais, maintenant. D'où le choc. Je suis comme figée, tétanisée. Je croyais que j'étais celle qu'il aimait. Je ne suis donc plus rien.
Je joue beaucoup. Aux jeux de massacre. Mais je n'arrive pas à finir l'un des jeux. C'est drôle, j'ai l'impression que cette dernière épreuve signera ma libération. Mais je suis dessus depuis des mois et cela m'échappe. Que faire ? J'ai l'impression d'être en morceaux, déconnectés les uns des autres.
C'est tellement banal tout cela, bien sûr. Mais cela n'en fait pas moins mal.
Je veux oublier. Je n'ai plus faim. J'ai très soif. Mon esprit se détache et s'embrume à la fois.
Demain je publierai un poème de mon poète préféré. Je l'aimais tant et il est mort si brutalement. Il n'est pas très connu. On ne trouve plus ses livres. Alors je vais donner certaines choses. Dans mon état d'esprit, il n'y a plus que la poésie qui puisse se dire et s'entendre.