Ce soir je suis allée à un concert de musique iranienne. C'était très beau, mais pour la première fois je suis arrivée à analyser l'un des caractères essentiels de cette musique, comme de la musique orientale en général, celle que j'ai entendue du moins : il s'agit d'une musique profondément terrestre, absolument "naturelle", et elle s'oppose en ce sens à mon avis à la musique occidentale qui m'a toujours semblé chanter la nostalgie de l'Etre, certains diraient du Divin. Que l'on écoute Bach, Mozart, Beethoven, Haydn, Vivaldi, Chopin, Rachmaninov... l'émoi ressenti est de l'ordre de la métaphysique.
Il y a là ce que certains peuvent ressentir comme un paradoxe, étant donné l'évolution de nos deux "civilisations" et leurs caractéristiques aujourd'hui revendiquées.
Mais ce n'est je crois qu'un paradoxe apparent et en tous cas conjoncturel.
Mais ce n'est je crois qu'un paradoxe apparent et en tous cas conjoncturel.
La musique ancienne que j'ai entendu ce soir chantait le souffle du vent, le bruit de l'eau qui coule, l'oiseau qui chante le soir ou roucoule le matin, l'amour et le désir de l'homme pour sa bien aimée, l'épanouissement des fleurs et des plantes parfumées... mais aussi la fatigue et la vieillesse des os, le soleil qui tape dans le désert, le sable qui coule entre les doigts...
Cet éternel recommencement est le contraire de l'angoisse de la mort qui nous étreint, nous occidentaux, lorsque nous écoutons notre musique.
Et pourtant il y a Bach qui a poussé jusqu'à son extrême cette mathématique qu'est la musique. Mais il l'a mêlée si merveilleusement avec la nostalgie de l'Etre qui fait le génie de l'art de l'harmonie qu'il nous fait approcher peut-être encore plus que d'autres ce sentiment métaphysique.
Oui, nous pouvons nous écouter et nous apprécier, nous admirer, mais pouvons nous nous comprendre ?
Cet éternel recommencement est le contraire de l'angoisse de la mort qui nous étreint, nous occidentaux, lorsque nous écoutons notre musique.
Et pourtant il y a Bach qui a poussé jusqu'à son extrême cette mathématique qu'est la musique. Mais il l'a mêlée si merveilleusement avec la nostalgie de l'Etre qui fait le génie de l'art de l'harmonie qu'il nous fait approcher peut-être encore plus que d'autres ce sentiment métaphysique.
Oui, nous pouvons nous écouter et nous apprécier, nous admirer, mais pouvons nous nous comprendre ?