samedi 16 mai 2009

Importance de la perception globale des conflits

J'ai trouvé un message de Jigé sur mon blog où je n'avais pas reparu c'est vrai depuis plusieurs semaines. J'ai des tas d'ennuis de toutes sortes et j'ai eu tendance à négliger un peu non pas la réflexion, mais la communication de celle-ci. J'ai bien aimé le commentaire, même si apparemment c'est le même pour d'autres, et les sujets abordés sur son blog sont tellement variés que l'on a envie de discuter de tout. En tous cas c'est mon cas !En ce qui concerne le conflit israélo-palestinien j'ai un certain nombre de choses à dire qui pourront paraître discordantes, mais il est vrai que j'étudie les conflits depuis longtemps (c'est ma profession) et j'ai appris à essayer de me dégager des idées qui flottent dans le monde, de me concentrer sur quelques idées réalistes, même si elles peuvent heurter, tout en restant bien sûr modeste. Comme Jigé le dit si bien, personne n'a la science infuse et la politique est la plupart du temps une question de point de vue. Ici je vais me placer d'un point de vue "global", c'est à dire celui du système international. Je crois que ce que je pourrais ajouter à ce débat serait tout d'abord que la question de "qui a commencé" est un faux-débat. Elle permet seulement aux uns et aux autres de se renvoyer la balle et de former des camps pour ou contre. L'important est la situation actuelle, c'est à dire les acteurs en présence, leurs volonté d'exister ou pas, et à quel prix. Je pense que le système international est un monde où chacun doit se débrouiller tout seul, et surtout sans tenir compte de considérations de morale : car celles-ci changent tout le temps ! Celui qui avait tort hier est aujourd'hui un héros pour la majorité, pour diverses raisons. Mais en général on détermine les bons et les méchants en fonction de ce qui nous arrange. Israël est une nation très ancienne qui estime qu'il a droit à un Etat et à la sécurité. Pour l'instant, il est capable de les faire respecter. Les Palestiniens disent aussi qu'ils veulent un Etat, et la paix. Mais que font-ils pour cela ? Se mobilisent-ils vraiment dans ce but ?Un Etat doit s'appuyer sur un sentiment national, distinct de la religion. Un Etat doit être capable d'assurer sa sécurité et le bien-être de ses habitants. Est-ce le cas pour les Palestiniens ? Voilà les vraies questions.Peu nous importe qui a commencé, qui a raison ou qui a tort. La morale n'a pas cours dans les relations internationales : c'est un jeu d'échecs permanent, qui se reconfigure sans cesse, selon les mouvements et les contre-mouvements des uns et des autres. Pour prétendre jouer sur l'échiquier, il faut avoir une conscience claire de son unité, de ses objectifs, de sa stratégie. Il faut se prendre en mains et pouvoir s'imposer comme un interlocuteur sérieux. Il y a eu des conflits, meurtriers, depuis que le monde est monde, et il y en aura toujours. L'homme est essentiellement conflictuel, il est animé par la volonté de puissance, que ce soit au niveau individuel ou collectif. L'important, du point de vue global, c'est d'exister. Et malheureusement, l'histoire nous apprend que beaucoup d'humains et de groupes d'humains ne conçoivent leur existence qu'au détriment de celle des autres, dont l'existence même les menace (ou en tous cas c'est ce qu'ils perçoivent).Voilà ce que j'avais à dire ce soir.

2 commentaires:

Brigitte Dusch a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Brigitte Dusch a dit…

Premier message parti trop vite..
Vos commentaires sont interressants, je m'interroge particulièrement sur ce devoir de mémoire, de souvenir, de ces leçons que l'histoire n'a cessé de donner à l'Homme et qui semble ne pas être retenues... Que penser de ce qui se passe au Moyen Orient, à travers ce prisme là ?
Bien cordialement