En réponse à la question de Castor, sur la mémoire et les leçons des choses jamais utilisées, je reviendrai à ma perspective globale : je crois que le problème est "quelles leçons ? quelles mémoires ? Et dans quel but ?".
Comme je le disais il y a quelques jours, tout est une question de point de vue. Si je veux dominer dans le jeu international, je retiens les leçons que j'estime bonnes en l'occurrence. Malheureusement pour certains, ou heureusement pour d'autres, ce n'est pas le citoyen "tranquille" qui fait le jeu, et ce n'est pas sa mémoire qui influence le jeu politique. Et même si c'était vrai, il y a tellement de mémoires et de leçons tirées qui n'ont rien à voir les unes avec les autres !
J'ai écrit il y a quelques mois un texte sur "du général et du particulier". C'est une question cruciale : nous sommes tous des individus, des êtres humains, aux préoccupations somme toute largement semblables, nous avons une famille, des enfants, des loisirs, nous aimons, nous détestons, nous avons nos passions etc. Mais nous avons aussi des groupes d'appartenance. Aucun être n'existe tout seul. Il fait partie d'un ou de plusieurs groupes sociaux. Et certains groupes, (le plus souvent un seul, la nation ou le groupe ethnique), est son groupe identitaire politique. Ceci signifie qu'au moment crucial, quand celui qu'il considère comme son groupe, va être confronté au conflit avec un autre groupe qui le menace, il va devoir choisir. La plupart d'entre nous, contrairement à ce que nous croyons, n'aura aucune peine à faire ce choix.
Et là, l'homme ou la femme tranquille qui vivait en bonne intelligence avec ses voisins et tout un chacun, qui n'avait jamais fait de mal à une mouche, va peut-être devenir un tueur, pour la défense de l'existence de son groupe, c'est à dire de son identité sociale, sa façon de vivre, sa façon de percevoir la vie ensemble et leur respect.
Je suis une réaliste, je ne crois pas à une réforme possible de la nature humaine dans le sens de la paix universelle et de la régulation mondiale, "à chacun selon ses besoins". Car si on s'en tient là, qui va déterminer les besoins de chacun ? Sur quelle base ? Les besoins des uns interfèrent nécessairement avec ceux des autres : "je veux cette femme et toi aussi, je veux cette terre et toi aussi, et qui va dire que tu as raison contre moi ? Et pourquoi l'accepterais-je, si tu es moins fort que moi et ne peux me l'imposer ? Je dis que suis dans mon droit, tu penses le contraire mais tu n'y peux rien. Tout ce que je dois faire, c'est me donner les moyens de le faire prévaloir contre toi". C'est cela, la puissance.
3 commentaires:
Bonjour Jeanne,
Qui parle de dominer?
Ne peut-il pas y avoir d'autres rapport entre les êtres?
Le citoyen "tranquille" est d'abord citoyen et s'il utilise ce qui lui a été accordé ou ce qu'il s'est accordé, il peut avoir un rôle international, c'est le droit d'expression sous toutes ses formes; c'est ce que nous utilisons grâce à ce blog..entre autre, le droit de vote aux élections européennes....
Oui nous faisons parti tous d'un groupe et en premier lieu celui des êtres vivants mais nos choix ne doivent pas dépendre uniquement de notre appartenance à tel ou tel groupe.Avez-vous vu le film allemand "La vague"?
Ne pas confondre, besoins fondamentaux et désirs, envie...
Nous avons tous les mêmes besoins fondamentaux: manger, boire, dormir....aimer. Chaque être sur cette planète pourrait y avoir accès si nous le décidions...
La possession n'est pas un besoin fondamental, juste une déviance...
Bonjour. Vos réflexions sont intéressantes mais difficiles à lire à cause du choix des couleurs et la taille de la police.... @+
La possession ? Quid de posséder ?
Etre ou avoir ? Etre et avoir, l'être de l'avoir ou l'avoir de l'être ?
Savoir si c'est un besoin fondamental ? Fondamental pour qui ? Celui qui posséde ou celui qui ne posséde pas, qui aimerait posséder.
Forme de sagesse, ne rien posseder ?
Lâcheté ? Ne pas accepter la responsabilité du bien qui nous est confié et que par là, nous possédons.. ?
Et qu'est ce que la déviance ?
Elle est par rapport à une norme, mais poser des ou une norme, c'est affirmer déjà un principe de normalité...Par rapport à qui ? 0 quoi ?
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