dimanche 14 décembre 2008

Du général et du particulier

Aujourd'hui, dimanche, jour propice pour essayer de synthétiser ce qui toujours nous assaille : le trou profond qui se creuse au sein de nous mêmes et le tourbillon des choses, des évènements, des harcèlements, des émotions de la vie, que cela soit la nôtre ou celle de notre environnement, ou le chaos du monde. Je ne vais plus à la messe depuis longtemps, mais c'est souvent à ce moment que je me fige, involontairement, et que je me laisse entraîner dans ce sentiment contradictoire du zéro et de l'infini. En quoi consiste notre monde, et en quoi consiste mon existence ? Où vont-ils, tous les deux ? Quel est leur sens ? Y-at-il un sens caché à toutes ces choses totalement incommensurables ? Que fait mon "frère humain" en ce moment ? Celui à qui je ne pense pas, et celui à qui je pense ? Combien de temps lui reste-t-il ? Qu'a t-il fait de son temps et que fera t-il de celui qui lui reste ?
Cette angoisse presque cosmique est très douloureuse mais je n'arrive pas à y échapper.
Tout à l'heure j'ai lu les dernières nouvelles de Gigi, et le désespoir lucide qu'elle dégage me bouleverse, surtout lorsque je le contraste avec nos discours ignares et pontifiants sur le "réveil du continent africain", ou sur la nécessité de l'approche communautaire en Europe. Les aventures de la salle de bains et de la menuiserie font brusquement ressurgir des souvenirs anciens d'un voyage en Egypte...
Le "choc des cultures" peut être une magnifique chose, mais tout dépend de où il se produit et à quel sujet. Il est je crois le plus souvent terrible et terrifiant, et générateur de frustration, de haine et de conflit. Ainsi la "mondialisation" est-elle un rêve et une affaire d'intellectuels, d'élites politiques, et de patrons d'entreprises multinationales. Tous ceux qui ne la voient que de très loin.

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